Sortir des sentiers battus

DISCLAIMER
Ce post est un peu différent de d’habitude, est-ce qu’il s’inscrit vraiment dans le militantisme ? Oui, non, maybe, au pire ?
J’avais quand même envie de le partager avec vous, pour moi, et pour d’autres j’espère ! Je me dis que ça peut servir à certaines personnes, peut-être 😊
Par contre je veux préciser d’avance que je sais que je suis mieux lotie que d’autres. Je sais que pour certain-e-s, la préoccupation première c’est de survivre et que mes élucubrations paraissent dérisoires face à ça. Je sais que je ne suis pas la plus à plaindre et je sais aussi que certain-e-s vont bien plus loin que moi dans leur réflexion et dans leur mode de vie et je n’ai pas la prétention de passer pour une meuf révolutionnaire ou que sais-je. C’est un bout de ma vie, de ma vision de ce monde et de ce que je peux ressentir. Ça n’est pas un texte politique, une profession de foi, ni même un sujet avant-gardiste, j’en ai bien conscience !
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C’est assez effrayant de voir à quel point ce système s’est imprégné en nous.
Ça fait quand même un moment que je me suis rendue compte que mes besoins et ma conception de la vie sont très éloignées de ce qu’on me propose depuis que je suis née.
Ça fait un moment que j’essaie de prendre mes distances avec son fonctionnement et que je tente de tracer mon propre chemin.

 

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Ensemble contre la cishétéronormativité !

Petite requête : s’il vous plaît, quand vous avez des enfants ou que vous êtes souvent en contact avec des enfants, présentez-leur d’autres modèles, d’autres façons d’être, d’autres options. Si dans votre entourage vous ne comptez aucune personne LGBTQIAP+ out, parlez-en, montrez des modèles queer, expliquez-leur. Mettez devant leurs yeux d’autres formes de masculinité et d’autres formes de féminité.
Permettez-leur d’avoir d’autres imaginaires, permettez-leur de penser et d’exister en-dehors de cette cishétéronormativité.
Permettez-leur d’être elleux-mêmes et d’être ouvert-e-s et bienveillant-e-s envers les personnes qu’ielles vont rencontrer.

Si en tant que femmes, vous êtes glabres, que vous vous épilez, que vous vous maquillez, que vous mettez des robes, des jupes, que vous avez les cheveux longs, que vous aimez telle ou telle activité dite féminine, montrez que le contraire peut tout autant exister chez les femmes et est tout autant légitime.

Si en tant qu’homme vous ne vous maquillez pas, que vous ne mettez pas de vernis, pas de robe, pas de jupe, que vous avez les cheveux courts, que vous n’exprimez jamais vos émotions, que vous pratiquez telle ou telle activité dite masculine, montrez que le contraire peut tout autant exister chez les hommes et est tout autant légitime.

Montrez que tout le monde ne se reconnaît pas dans la catégorie homme ou femme et que c’est tout autant légitime.
Montrez que tout le monde n’est pas cisgenre et que c’est tout autant légitime.
Montrez que tout le monde n’est pas forcément hétéro et que c’est tout autant légitime.

Expliquez à ces enfants que ce n’est pas notre genre qui nous détermine par-dessus tout en tant qu’individu. Nos goûts, nos préférences, nos envies vont plus loin et débordent de ces cases.

Faites découvrir à ces enfants la diversité de notre monde et sa richesse !

Merci à celleux qui participent déjà à faire reculer la haine, l’indifférence et l’obscurantisme !
Et à toutes les personnes qui sortent de la norme : force & amour, vous êtes magnifiques 💓

NB : je parle d’enfants parce que c’est encore mieux si c’est fait le plus tôt possible mais il n’y a pas d’âge, chaque sensibilisation compte et permettra à rendre ce monde un endroit plus sûr et meilleur !

Liberté, j’encre ton nom

Il y a des moments où j’envie l’ancienne version de moi. Quand des enfants me disaient que j’étais « trop belleeeee » , que les petites filles voulaient être comme moi quand elles seraient plus grandes. Quand les mecs me regardaient, quand les meufs se comparaient à moi et pouvaient me jalouser.

J’ai bien conscience que c’est de la merde de penser comme ça mais j’ai grandi dans cette société. Je n’ai pas été épargnée, j’ai été conditionnée comme nous toustes.
La beauté chez les AFAB (personnes assignées femmes à la naissance) et chez les meufs ça prend tellement de place, ça a tellement d’importance.
C’est ce qu’on attend de nous avant toute autre chose. Si on n’entre pas dans les standards de beauté, on est défaillante en tant que femme.
On passe tellement de temps à penser à ça, à se demander ce qu’on pense de nous, à entretenir cette apparence qui est à double tranchant.
On ne gagne jamais.

Au fil du temps je me suis rendue compte que j’étais constamment en représentation, dans une performance, et que j’attendais perpétuellement une validation de la part des hommes.
J’existais à travers leurs yeux. Peu importe de qui il s’agissait. C’était un homme, il avait le pouvoir de me rendre importante, intéressante.
Dynamique délétère quand l’un a l’habitude d’être en position dominante et l’autre en position d’infériorité.
Nos conditionnements respectifs alimentent un système qui nous dépasse et nous emprisonne.

Dernièrement, j’ai réussi à m’éloigner de ce fonctionnement et POUTRELLE qu’est-ce que ça fait du bien !
En sortant de la féminité standardisée, on se libère de certaines de nos chaînes.
En tout cas c’est comme ça que ça s’est passé pour moi.
Quand j’étais une « vraie » femme, selon certain-e-s, j’étais ultra complexée par un tas de choses alors que clairement je rentrais pleinement dans les canons de beauté. Malgré cela je détestais mon corps : pas assez de seins (un bonnet A c’est la honte t’as vu), trop de poils et à des endroits où une femme ne devrait pas en avoir, trop grosse (NON, et merci toutes les images, tous les médias, de nous renvoyer l’idée qu’on ne sera jamais assez bien et de nous présenter une seule beauté impossible à atteindre), trop d’imperfections.
Résultat : je plaisais mais pas à la personne la plus importante > moi.
Avancer quand on n’a pas confiance en soi, quand la beauté est une des qualités principales et fondamentales des femmes, nous met dans une situation de vulnérabilité, à la merci de n’importe qui.

Une fois sortie de ce fonctionnement j’ai commencé à exister pour moi et par moi. Je me sens tellement plus libre, tellement plus en accord avec moi-même, même s’il reste évidemment des choses à régler. Je n’ai plus besoin d’exister au travers du regard d’hommes dont je me contrefous. Je me plais maintenant.

C’est assez incroyable pour moi de m’aimer plus alors que je suis sortie de ce qui est acceptable pour la catégorie à laquelle j’appartiens. Et en même temps quand on y réfléchit c’est logique : une fois hors de cette case qui m’emprisonnait, libérée de ses injonctions et du male gaze, il ne reste qu’une impression de légèreté.

Quand on s’accepte comme on est, les messages nocifs des médias ou des autres n’ont plus prise sur nous.
Toutefois je reste sensible et parfois la méchanceté gratuite des personnes bloquées dans leur vision étriquée peut faire très mal.
Se renforcer et garder en tête le bien que ça me fait d’être comme je suis.
C’est un cheminement perpétuel.

NB : Il n’y a aucune injonction à sortir des standards de la féminité, j’explique seulement ce que ça a eu comme répercussions dans ma vie.
Il n’y a aucune injonction à s’accepter tel que l’on est non plus.
Le rapport au corps est compliqué, d’autant plus pour les personnes s’éloignant du haut de la pyramide (personnes trans, racisées, pauvres, en situation de handicap, grosses, etc).

De plus ici je parle de situations que j’ai observées pour moi et pour d’autres, ça ne signifie pas que c’est ce qui arrive pour toustes.

Soutien à toustes, de l’amour, de la bienveillance ❤️💪❤️

« Case-toi ! »

« Tu veux pas créer un nouveau nom pour te définir ? »

Pourquoi ?
Il existe déjà un mot pour me définir : je suis une fille, une meuf, une femme.
Ce n’est pas moi qui dois me contorsionner pour rentrer dans une case, et je n’ai aucune envie de créer une nouvelle case restrictive à cocher.
Ce sont les cases qui doivent disparaitre ou en tout cas s’agrandir pour accueillir la diversité qui existe dans ce monde.

Je suis une meuf et j’ai le crâne rasé.
Je suis une meuf et j’ai des poils, sur le visage, sous les bras, autour des tétons, entre les seins, sur le ventre, à la chatte, sur les jambes, sur les pieds.
Je suis une meuf et j’ai des tous petits seins.
Je suis une meuf et je rote à gorge déployée, je pète et mon dieu qu’est-ce que ça daube la plupart du temps !
J’ai mes règles et la chiasse en même temps.
J’écarte les jambes quand je m’assois, tout comme je peux les croiser.
Je suis une meuf et je ne porte plus de robes, plus de jupes, plus de talons, plus de soutif.
Je suis une meuf et je ne me maquille plus.

Je suis vulgaire, obsédée, pas délicate pour un sou, tout comme son contraire.
Je ne veux pas d’enfant. Je ne veux pas me marier. Je ne veux pas d’un amour unique. Et pourtant je chiale comme une madeleine devant tout et n’importe quoi et je kiffe les romcoms plus ou moins nazes.
Je suis une meuf et je fais un sport collectif et de contact et je ne me suis jamais sentie aussi vivante.
J’aime les meufs, des mecs, des personnes non binaires et encore les meufs.
Je lèche des chattes. Je mets des doigts, j’en prends. Je me fais enculer et j’encule. Et j’adore ça. Je domine et prends plaisir à me laisser dominer.
Je jouis. Je me touche. Je kiffe mater du porno.

Je suis féministe. Vénère. Insatisfaite.
En désaccord profond avec ce mode de vie dont je ne pourrai jamais me contenter.

Je n’ai rien à faire dans ces cases et je ne veux plus rien avoir à y faire.

Cultivons notre singularité.
Cultivons ce qui fait de nous des êtres à part entière.
Soyons hors normes et fier-e-s !
Ce monde est bien plus beau paré de toutes ces couleurs.

Je rêve d’un endroit dans lequel chacun-e serait simplement une personne, traitée de la même manière que les autres, partageant les mêmes droits.
Une personne libre. Dont le genre ne représenterait qu’une de ses facettes et pas un code de conduite qui te rappelle à l’ordre à chaque fois que tu as le malheur d’y déroger.

On peut faire mieux que ça 💪

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NB : Je n’oublie pas mes privilèges et la marge de manœuvre qu’ils peuvent me donner face à ces codes sociaux. Je suis cisgenre, blanche, je n’ai pas connu la pauvreté extrême, j’ai fait des études supérieures, je suis valide, dans les standards de beauté et j’ai bien conscience que toutes ces caractéristiques me facilitent la vie et me permettent de pouvoir exprimer qui je suis plus facilement que d’autres personnes cumulant les oppressions.
De plus, il n’y a aucune injonction supplémentaire exprimée dans ce texte, simplement un souhait, un rêve éveillé.
Courage, soutien et love sur toustes, chacun-e fait comme ielle peut et c’est déjà beaucoup ❤️

Mon corps, mes droits : l’avortement menacé ?

Avant toute chose, je souhaiterais préciser une chose : ce blog est né il y a un moment maintenant. Je n’y ai pas écrit depuis longtemps. Par manque de temps, d’envie, de choses à dire sûrement aussi. Je me suis beaucoup éloignée du milieu militant sur le net. Trop de choses qui ne m’allaient plus, trop de fonctionnements que je ne voulais plus voir. Puis j’ai vu que les milieux militants IRL pouvaient faire des dégâts aussi. (Ça ne veut pas dire que tout est à jeter, juste qu’on a du taf, et que, oh surprise, l’humain, c’est compliqué !)

La fatigue. L’usure. La lassitude et puis la vie, les aléas. Bref.

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