Piège de l’enfance

Ce matin j’ai vu passer un article titré : « Garçon en robe : une mère approuve ».
Les premières secondes, ce titre m’a dérangé•e.

« Une mère approuve ».

Pourquoi un enfant devrait-il avoir une quelconque approbation à recevoir de qui que ce soit concernant ses envies et ses choix ? (en écartant les situations dangereuses of course)
Ce titre m’a choqué•e mais en réalité il décrit parfaitement bien la situation. Dans notre monde, a minima dans notre société, les enfants n’ont pas leur mot à dire. En tout cas, le choix, la décision de l’adulte prime.

Je pense qu’on ne se rend pas compte de la main mise, du pouvoir, de l’emprise qu’on peut avoir, et qu’on a dans la grande majorité des cas, sur les enfants, sur les mineur•es.
Le statut de mineur•e est censé exister pour protéger les enfants, les plus jeunes, or dans de nombreuses situations il ne fait que les rendre vulnérables et dépendant•es de personnes qu’on décrète plus aptes à prendre des décisions sur leur vie.
Ielles ne sont pas des personnes à part entière, on leur refuse ce statut.
L’enfance est vue par la plupart des adultes comme la panacée, un monde où tout semble plus simple, plus joyeux, plus léger. Un fantasme. Un mythe.
Certes avant la majorité, avant cette « vie active », nous avons en général moins de responsabilités extérieures, ce qui est vu comme les « choses de grands ». Cependant, mineur•es, nous n’avons aucune prise sur notre existence. Ce droit nous est confisqué et nous devons patienter, en serrant les dents, jusqu’à ce jour béni où nous serons enfin considéré•e comme un individu capable de prendre des décisions pour lui-même.
Mais avant cela nous pouvons uniquement espérer que les adultes de notre entourage seront assez bons pour ne pas nous retirer davantage de notre humanité.

Voilà donc le meilleur de notre vie dans ce monde ?
Une période durant laquelle on nous silencie, durant laquelle on nous prive de notre libre arbitre, durant laquelle on se retrouve dépendant•e affectivement, matériellement, physiquement, économiquement ?

Je fais aussi partie du problème.
Je ne suis pas meilleur•e qu’un•e autre. J’ai grandi dans le même marasme, ai subi ça petit•e et ai endossé ce rôle une fois adulte.
Je n’ai pas la prétention de donner des leçons. Je ne juge personne (du moins j’essaye).
J’ai quitté mon métier de prof en grande partie à cause de ça. Ce pouvoir, cette hiérarchisation, cette supériorité de l’adulte, je n’en voulais pas. Je la rejetais profondément.
Il n’en reste pas moins que je retrouve en moi ces comportements et cette ascendant dans le milieu de l’animation (surtout avec les plus jeunes).
Il reste tellement à faire et il est évident que la manière dont nous vivons n’aide en rien.
Tout est imbriqué, tout est lié.
Domination adulte, patriarcat, capitalisme.
Et bien d’autres choses qui viennent encore s’ajouter.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est clair. Ça doit partir dans tous les sens mais tout ça m’a pété à la tronche quand j’ai lu ce titre.

« Approuve ».

PS : En tapant mes notes je me suis demandé si je n’avais pas un peu exagéré, si ma réaction par rapport à cet article n’était pas disproportionnée. Je suis d’accord avec tout ce que j’ai écrit mais je questionnais le déclencheur. Au fond, ce n’est qu’approuver et c’est plutôt positif non ?
Mais non ce n’est pas anodin, ce n’est pas qu’une simple approbation. Parce que l’avis de cette mère a des conséquences immédiates : si elle est d’accord avec son enfant, tout va bien, il peut le faire mais si elle n’est pas d’accord avec ça alors elle lui interdira, elle l’en empêchera.
Ce n’est pas une simple approbation, c’est un permis.
Là est la différence.

Être une femme

Il y a quelques temps j’ai commencé à me questionner sur les raisons qui me poussaient à continuer à me définir en tant que femme. Après avoir rejeté chaque injonction et chaque repère de « féminité », qu’est-ce qui me raccrochait encore à cette catégorie ?
Au début quand on m’appelait « monsieur » et/ou qu’on me genrait au masculin, ça attisait ma curiosité, j’essayais de comprendre ce que les gens percevaient, ce qui permettait une minute de me catégoriser homme puis celle d’après, femme.
Petit à petit, chaque classification de moi au masculin est devenu un affront, une violence intérieure.
Comme si on écrasait quelque chose en moi, comme si on m’insultait.
Je ne comprenais pas pourquoi ça m’affectait autant.
En y réfléchissant un peu plus longuement, j’ai découvert que je ressentais principalement de la honte. Que cette douleur qui prenait place à l’intérieur de moi c’était un reste de ce bon vieux conditionnement sexiste. Ce n’était pas vraiment une part de moi qu’on niait, on crachait sur cette « féminité » que j’avais essayée d’incarner durant toute ma vie et qui était censée représenter ma valeur en tant que personne.
Des images de moi petite, en pleurs, après que des enfants m’ont INSULTÉE de garçon parce que j’avais des poils bruns sur les jambes remontaient.
Cette hantise de ne jamais être assez bien. Pas assez mince. Des seins trop petits. Trop de poils. Des fesses trop grosses ou pas assez musclées. Pas assez sexy. Pas assez sensuelle. Pas assez désirable.
Et se rendre compte que dès qu’on pense « féminité », on pense « corps ».
J’ai dû (est-ce réellement terminé ?) faire la paix avec moi-même en m’extrayant de cette cage dans laquelle on m’avait enfermée puis en essayant de désapprendre la honte petit à petit.
Et donc cette question : pourquoi me définir comme femme aujourd’hui ? Plusieurs choses se mélangeaient dans ma tête :

  • l’envie de montrer que d’autres façons d’exister en tant que femme étaient possibles.

Qu’on peut avoir le crâne rasé, des poils partout, ne pas se maquiller, ne pas être hétéro, etc, et être une femme.
C’était vraiment une revendication importante pour moi. Proposer un autre modèle auquel s’identifier. Une autre féminité.
Et autant les beaux jours et mes poils en liberté me plongeaient dans une certaine vulnérabilité aux yeux des autres, autant quand ils sont camouflés je sens qu’une part de moi est éteinte. Comme une richesse dissimulée, une arme de mon militantisme retirée, une part importante de moi masquée.

  • je ne connaissais que ça ; depuis 28 ans j’ai évolué en tant que fille puis femme dans ce monde.

Je n’arrivais pas à penser, à me penser autrement. Et puis appartenir au groupe femme dans le féminisme ce n’est pas anodin non plus. La peur de perdre quelque chose, ce sentiment d’appartenance et cette sororité ?

  • se souvenir de ces moments où l’on me percevait au masculin et de la douleur que ça provoquait en moi
  • ne plus me définir femme me plongeait alors dans la catégorie des personnes trans.

Et tout de suite deux réflexions popaient dans ma tête :
1- Tu n’es pas légitime.
Tu vas usurper les existences, les revendications, les luttes trans et les décrédibiliser. Tu dépolitises tout.
2- Tu ne te reconnais pas dans ce qui est présenté comme LE parcours trans.
Les deux sont totalement imbriqués au fond. Le 1 découle du 2 et je voudrais développer ce deuxième point.
Dans ma tête, et dans beaucoup d’autres je pense, (et ce même en sachant que d’autres expériences existent), tu es trans et tu transitionnes parce que tu ressens un malaise, un mal être, une inadéquation, un décalage entre ce qu’on te renvoie et ce que tu es vraiment, et tu vas donc agir de différentes façons pour te sentir bien et changer ce qui te fait violence.
Voilà la majorité des récits trans qu’on nous donne à voir.
Même si je savais que toutes les personnes transgenres n’expérimentent pas forcément la dysphorie de genre ou ne ressentent pas forcément le besoin de transitionner d’une manière ou d’une autre, je ne comprenais pas vraiment comment on pouvait sortir de la cisidentité s’il n’y avait pas une part de ressenti en jeu. Pour moi il y avait forcément une violence subie pour pouvoir se dire trans.
De fait, être à l’aise (émotionnellement) avec mon genre assigné à la naissance, ne pas me sentir mal quand on me genrait ou m’identifiait au féminin, parler de moi en utilisant « elle » constamment, ne pas ressentir de dysphorie, tout ça me faisait dire que j’étais donc bel et bien une femme cisgenre.
Puis je suis tombée sur un podcast, que j’ai partagé sur ma page, « Contraint•e•s à l’hétérosexualité » de Camille sur Binge audio et ça a eu un impact très fort sur moi.
Dans ce podcast, l’hétérosexualité est analysée comme un régime politique, un outil primordial du patriarcat.
D’après Monique Wittig et d’autres féministes matérialistes, la différence sexuelle (catégorisation homme/femme et assignation à différents rôles) est produite par et dans un système d’oppression, elle n’a pas de sens en-dehors du patriarcat, pas de raison d’être.
En effet, s’il n’y a pas de rapport de domination entre les hommes et les femmes, à quoi sert de les séparer en deux catégories antagonistes et/ou complémentaires ?
Pour Wittig, ce qui fait une femme c’est une relation sociale particulière à un homme. Donc pour elle, on rentre dans la catégorie femme quand on est hétéro. Les lesbiennes sortent donc de celle-ci.
Bon, je ne vais pas tout reprendre parce que ça serait très long et très mal fait, je vous conseille d’aller l’écouter plutôt, c’est vraiment riche, mais je voulais vous montrer ce qui m’a le plus marquée.
Donc voilà, une de mes réponses était là.
« Femme » n’est pas qu’un simple terme pour définir une catégorie de personnes. Il fait partie d’un programme politique. Il est un outil majeur de notre oppression, de notre domination. Il n’a rien anodin ni rien d’enviable.
En l’écrivant je me sens bête, naïve, d’avoir mis autant de temps à prendre la mesure des choses. Mais rien d’étonnant à cela j’imagine, tout est fait pour qu’on ne remette rien en question, pour qu’on ne puisse pas penser au-delà, en-dehors de ce système et surtout pour qu’on ne le voie pas comme un système mais comme l’ordre naturel du monde.
C’est ainsi que j’ai découvert que je ne suis pas une femme. Je l’ai compris, intellectuellement, émotionnellement.
Alors rien n’est encore fini. Tout est processus, cheminement, transition.
Aujourd’hui je me contrefous qu’on me genre autrement qu’au féminin, je me fous d’être prise pour un mec (mais je n’en suis pas un). Ça n’a plus de prise sur moi, ça ne me concerne pas, ça concerne les gens et leur vision, leur perception, leur catégorisation, leurs critères.
Je commence à me questionner sur un possible nouveau prénom (tout en me sentant encore complètement ridicule), le fait que le mien me place directement dans la case « meuf » me dérange petit à petit. Je réfléchis à des pronoms.
Je m’observe, j’expérimente, je tâtonne. Affaire à suivre !
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. J’espère que ça n’a pas été trop brouillon, trop long, trop barbant !
J’espère ne pas avoir dit trop de bêtises et n’avoir blessé personne. N’hésitez pas à m’en faire part le cas contraire.
PS : Attention, je ne dis pas qu’on ne peut pas être fière d’être une femme, que plus personne ne doit utiliser ce terme pour se définir, qu’il faut absolument sortir de ça. Je n’en sais rien et surtout je ne suis personne pour dire aux autres comment vivre. Ce sont mes réflexions, mes ressentis, mon positionnement actuel. Je ne juge personne et ne regarde personne de haut. D’autant que tant que le patriarcat existera et que le genre ne sera pas aboli, je resterai assignée à cette catégorie malgré moi et je continuerai à en subir les conséquences, avec plus ou moins d’impact.
Du love sur vous 💛

Sortir des sentiers battus

DISCLAIMER
Ce post est un peu différent de d’habitude, est-ce qu’il s’inscrit vraiment dans le militantisme ? Oui, non, maybe, au pire ?
J’avais quand même envie de le partager avec vous, pour moi, et pour d’autres j’espère ! Je me dis que ça peut servir à certaines personnes, peut-être 😊
Par contre je veux préciser d’avance que je sais que je suis mieux lotie que d’autres. Je sais que pour certain-e-s, la préoccupation première c’est de survivre et que mes élucubrations paraissent dérisoires face à ça. Je sais que je ne suis pas la plus à plaindre et je sais aussi que certain-e-s vont bien plus loin que moi dans leur réflexion et dans leur mode de vie et je n’ai pas la prétention de passer pour une meuf révolutionnaire ou que sais-je. C’est un bout de ma vie, de ma vision de ce monde et de ce que je peux ressentir. Ça n’est pas un texte politique, une profession de foi, ni même un sujet avant-gardiste, j’en ai bien conscience !
_______________

C’est assez effrayant de voir à quel point ce système s’est imprégné en nous.
Ça fait quand même un moment que je me suis rendue compte que mes besoins et ma conception de la vie sont très éloignées de ce qu’on me propose depuis que je suis née.
Ça fait un moment que j’essaie de prendre mes distances avec son fonctionnement et que je tente de tracer mon propre chemin.

 

Lire la suite « Sortir des sentiers battus »

Ensemble contre la cishétéronormativité !

Petite requête : s’il vous plaît, quand vous avez des enfants ou que vous êtes souvent en contact avec des enfants, présentez-leur d’autres modèles, d’autres façons d’être, d’autres options. Si dans votre entourage vous ne comptez aucune personne LGBTQIAP+ out, parlez-en, montrez des modèles queer, expliquez-leur. Mettez devant leurs yeux d’autres formes de masculinité et d’autres formes de féminité.
Permettez-leur d’avoir d’autres imaginaires, permettez-leur de penser et d’exister en-dehors de cette cishétéronormativité.
Permettez-leur d’être elleux-mêmes et d’être ouvert-e-s et bienveillant-e-s envers les personnes qu’ielles vont rencontrer.

Si en tant que femmes, vous êtes glabres, que vous vous épilez, que vous vous maquillez, que vous mettez des robes, des jupes, que vous avez les cheveux longs, que vous aimez telle ou telle activité dite féminine, montrez que le contraire peut tout autant exister chez les femmes et est tout autant légitime.

Si en tant qu’homme vous ne vous maquillez pas, que vous ne mettez pas de vernis, pas de robe, pas de jupe, que vous avez les cheveux courts, que vous n’exprimez jamais vos émotions, que vous pratiquez telle ou telle activité dite masculine, montrez que le contraire peut tout autant exister chez les hommes et est tout autant légitime.

Montrez que tout le monde ne se reconnaît pas dans la catégorie homme ou femme et que c’est tout autant légitime.
Montrez que tout le monde n’est pas cisgenre et que c’est tout autant légitime.
Montrez que tout le monde n’est pas forcément hétéro et que c’est tout autant légitime.

Expliquez à ces enfants que ce n’est pas notre genre qui nous détermine par-dessus tout en tant qu’individu. Nos goûts, nos préférences, nos envies vont plus loin et débordent de ces cases.

Faites découvrir à ces enfants la diversité de notre monde et sa richesse !

Merci à celleux qui participent déjà à faire reculer la haine, l’indifférence et l’obscurantisme !
Et à toutes les personnes qui sortent de la norme : force & amour, vous êtes magnifiques 💓

NB : je parle d’enfants parce que c’est encore mieux si c’est fait le plus tôt possible mais il n’y a pas d’âge, chaque sensibilisation compte et permettra à rendre ce monde un endroit plus sûr et meilleur !

Liberté, j’encre ton nom

Il y a des moments où j’envie l’ancienne version de moi. Quand des enfants me disaient que j’étais « trop belleeeee » , que les petites filles voulaient être comme moi quand elles seraient plus grandes. Quand les mecs me regardaient, quand les meufs se comparaient à moi et pouvaient me jalouser.

J’ai bien conscience que c’est de la merde de penser comme ça mais j’ai grandi dans cette société. Je n’ai pas été épargnée, j’ai été conditionnée comme nous toustes.
La beauté chez les AFAB (personnes assignées femmes à la naissance) et chez les meufs ça prend tellement de place, ça a tellement d’importance.
C’est ce qu’on attend de nous avant toute autre chose. Si on n’entre pas dans les standards de beauté, on est défaillante en tant que femme.
On passe tellement de temps à penser à ça, à se demander ce qu’on pense de nous, à entretenir cette apparence qui est à double tranchant.
On ne gagne jamais.

Au fil du temps je me suis rendue compte que j’étais constamment en représentation, dans une performance, et que j’attendais perpétuellement une validation de la part des hommes.
J’existais à travers leurs yeux. Peu importe de qui il s’agissait. C’était un homme, il avait le pouvoir de me rendre importante, intéressante.
Dynamique délétère quand l’un a l’habitude d’être en position dominante et l’autre en position d’infériorité.
Nos conditionnements respectifs alimentent un système qui nous dépasse et nous emprisonne.

Dernièrement, j’ai réussi à m’éloigner de ce fonctionnement et POUTRELLE qu’est-ce que ça fait du bien !
En sortant de la féminité standardisée, on se libère de certaines de nos chaînes.
En tout cas c’est comme ça que ça s’est passé pour moi.
Quand j’étais une « vraie » femme, selon certain-e-s, j’étais ultra complexée par un tas de choses alors que clairement je rentrais pleinement dans les canons de beauté. Malgré cela je détestais mon corps : pas assez de seins (un bonnet A c’est la honte t’as vu), trop de poils et à des endroits où une femme ne devrait pas en avoir, trop grosse (NON, et merci toutes les images, tous les médias, de nous renvoyer l’idée qu’on ne sera jamais assez bien et de nous présenter une seule beauté impossible à atteindre), trop d’imperfections.
Résultat : je plaisais mais pas à la personne la plus importante > moi.
Avancer quand on n’a pas confiance en soi, quand la beauté est une des qualités principales et fondamentales des femmes, nous met dans une situation de vulnérabilité, à la merci de n’importe qui.

Une fois sortie de ce fonctionnement j’ai commencé à exister pour moi et par moi. Je me sens tellement plus libre, tellement plus en accord avec moi-même, même s’il reste évidemment des choses à régler. Je n’ai plus besoin d’exister au travers du regard d’hommes dont je me contrefous. Je me plais maintenant.

C’est assez incroyable pour moi de m’aimer plus alors que je suis sortie de ce qui est acceptable pour la catégorie à laquelle j’appartiens. Et en même temps quand on y réfléchit c’est logique : une fois hors de cette case qui m’emprisonnait, libérée de ses injonctions et du male gaze, il ne reste qu’une impression de légèreté.

Quand on s’accepte comme on est, les messages nocifs des médias ou des autres n’ont plus prise sur nous.
Toutefois je reste sensible et parfois la méchanceté gratuite des personnes bloquées dans leur vision étriquée peut faire très mal.
Se renforcer et garder en tête le bien que ça me fait d’être comme je suis.
C’est un cheminement perpétuel.

NB : Il n’y a aucune injonction à sortir des standards de la féminité, j’explique seulement ce que ça a eu comme répercussions dans ma vie.
Il n’y a aucune injonction à s’accepter tel que l’on est non plus.
Le rapport au corps est compliqué, d’autant plus pour les personnes s’éloignant du haut de la pyramide (personnes trans, racisées, pauvres, en situation de handicap, grosses, etc).

De plus ici je parle de situations que j’ai observées pour moi et pour d’autres, ça ne signifie pas que c’est ce qui arrive pour toustes.

Soutien à toustes, de l’amour, de la bienveillance ❤️💪❤️

« Case-toi ! »

« Tu veux pas créer un nouveau nom pour te définir ? »

Pourquoi ?
Il existe déjà un mot pour me définir : je suis une fille, une meuf, une femme.
Ce n’est pas moi qui dois me contorsionner pour rentrer dans une case, et je n’ai aucune envie de créer une nouvelle case restrictive à cocher.
Ce sont les cases qui doivent disparaitre ou en tout cas s’agrandir pour accueillir la diversité qui existe dans ce monde.

Je suis une meuf et j’ai le crâne rasé.
Je suis une meuf et j’ai des poils, sur le visage, sous les bras, autour des tétons, entre les seins, sur le ventre, à la chatte, sur les jambes, sur les pieds.
Je suis une meuf et j’ai des tous petits seins.
Je suis une meuf et je rote à gorge déployée, je pète et mon dieu qu’est-ce que ça daube la plupart du temps !
J’ai mes règles et la chiasse en même temps.
J’écarte les jambes quand je m’assois, tout comme je peux les croiser.
Je suis une meuf et je ne porte plus de robes, plus de jupes, plus de talons, plus de soutif.
Je suis une meuf et je ne me maquille plus.

Je suis vulgaire, obsédée, pas délicate pour un sou, tout comme son contraire.
Je ne veux pas d’enfant. Je ne veux pas me marier. Je ne veux pas d’un amour unique. Et pourtant je chiale comme une madeleine devant tout et n’importe quoi et je kiffe les romcoms plus ou moins nazes.
Je suis une meuf et je fais un sport collectif et de contact et je ne me suis jamais sentie aussi vivante.
J’aime les meufs, des mecs, des personnes non binaires et encore les meufs.
Je lèche des chattes. Je mets des doigts, j’en prends. Je me fais enculer et j’encule. Et j’adore ça. Je domine et prends plaisir à me laisser dominer.
Je jouis. Je me touche. Je kiffe mater du porno.

Je suis féministe. Vénère. Insatisfaite.
En désaccord profond avec ce mode de vie dont je ne pourrai jamais me contenter.

Je n’ai rien à faire dans ces cases et je ne veux plus rien avoir à y faire.

Cultivons notre singularité.
Cultivons ce qui fait de nous des êtres à part entière.
Soyons hors normes et fier-e-s !
Ce monde est bien plus beau paré de toutes ces couleurs.

Je rêve d’un endroit dans lequel chacun-e serait simplement une personne, traitée de la même manière que les autres, partageant les mêmes droits.
Une personne libre. Dont le genre ne représenterait qu’une de ses facettes et pas un code de conduite qui te rappelle à l’ordre à chaque fois que tu as le malheur d’y déroger.

On peut faire mieux que ça 💪

__________________________

NB : Je n’oublie pas mes privilèges et la marge de manœuvre qu’ils peuvent me donner face à ces codes sociaux. Je suis cisgenre, blanche, je n’ai pas connu la pauvreté extrême, j’ai fait des études supérieures, je suis valide, dans les standards de beauté et j’ai bien conscience que toutes ces caractéristiques me facilitent la vie et me permettent de pouvoir exprimer qui je suis plus facilement que d’autres personnes cumulant les oppressions.
De plus, il n’y a aucune injonction supplémentaire exprimée dans ce texte, simplement un souhait, un rêve éveillé.
Courage, soutien et love sur toustes, chacun-e fait comme ielle peut et c’est déjà beaucoup ❤️

Mon corps, mes droits : l’avortement menacé ?

Avant toute chose, je souhaiterais préciser une chose : ce blog est né il y a un moment maintenant. Je n’y ai pas écrit depuis longtemps. Par manque de temps, d’envie, de choses à dire sûrement aussi. Je me suis beaucoup éloignée du milieu militant sur le net. Trop de choses qui ne m’allaient plus, trop de fonctionnements que je ne voulais plus voir. Puis j’ai vu que les milieux militants IRL pouvaient faire des dégâts aussi. (Ça ne veut pas dire que tout est à jeter, juste qu’on a du taf, et que, oh surprise, l’humain, c’est compliqué !)

La fatigue. L’usure. La lassitude et puis la vie, les aléas. Bref.

Lire la suite « Mon corps, mes droits : l’avortement menacé ? »